Le grand miracle orthodoxe du « Feu Sacré » de Pâques!

Connu depuis l’antiquité … un feu sacré apparait chaque année, le Samedi Saint sur le tombeau du Christ, au Saint Sépulcre!

LE FEU SACRE ou HOLY FIRE – 23 avril 2022- Samedi Saint de la Pâques orthodoxe

Le miracle annuel le plus ancien de toute l’histoire de la chrétienté 

Ce rite millénaire, symbole d’éternité, de paix et de la résurrection du Christ, est un des moments forts du christianisme oriental, il a lieu chaque Samedi Saint pour les orthodoxes, mais il reste assez peu connu du monde catholique.

Cette année, le samedi 23 avril 2022, la cérémonie s’est déroulée comme à l’accoutumée dans l’église du Saint Sépulcre, à Jérusalem 

La cérémonie fut retransmise à la télévision, en direct à travers de nombreux pays orientaux (l’Arménie, la Géorgie, la Grèce, l’Ukraine, la Russie, la Roumanie, la Moldavie, la Biélorussie, la Bulgarie, Chypre, le Liban) et d’autres pays ayant de fortes communautés orthodoxes comme l’Égypte. (cf lien youtube en fin d’article)

Déroulement de la CEREMONIE :

Le vendredi saint :

Les autorités israéliennes vérifient que le « tombeau du Christ » est vide et qu’il ne contient rien qui puisse allumer une flamme ou un feu, le tombeau est ensuite scellé.

La foule arrive nombreuse depuis la matinée du Samedi Saint et se regroupe dans l’église, tout autour du St Sépulcre. Le Patriarche orthodoxe grec ou arménien est alors fouillé publiquement afin de vérifier qu’il n’emporte avec lui aucun moyen d’allumer des bougies.

Après la fouille, il revêt sa tenue sacerdotale et entre seul dans le tombeau vers midi, où il se met en prière ; Il entre dans le tombeau avec un bouquet serré de 33 cierges, symbolisant les 33 ans de la vie du Christ

L’attente de la foule

qui représente la venue de l’Esprit-Saint pour nous purifier et nous sanctifier peut durer de quelques minutes à plusieurs heures. Elle se fait toutes lumières éteintes car l’église est plongée dans la pénombre; les fidèles rassemblés prient et chantent le «Kyrie eleison »  d’après une tradition  multi séculaire, jusqu’à ce que le feu Saint descende, tandis que le Patriarche prie à l’intérieur de la chapelle, agenouillé devant la tombe…

LE FEU SACRE :

Quand la lumière « jaillit », le patriarche allume la brassée des 33 bougies qu’il a emportées avec lui, puis il sort avec ses bougies allumées et brillantes dans l’obscurité, un grondement de jubilation résonne alors dans l’église. Les fidèles s’écrient alors « Axios! » (Il est digne!)

Ce feu a été parfois décrit comme une sorte de lumière bleue qui émane de la tombe, remontant de la dalle de marbre couvrant le lit de pierre sur lequel le corps de Jésus a été placé lors de son ensevelissement

Ce phénomène prend parfois aussi la forme d’une colonne contenant une sorte de feu, d’où des bougies sont alors allumées. Ces bougies sont ensuite utilisées pour allumer les bougies du clergé et des pèlerins présents. Il est dit également que, parfois, « le feu » éclaire spontanément d’autres bougies autour du tombeau.

TRANSMISSION  DE LA FLAMME

deposit photo-Magnificent vaulted ceiling in the hall of the Holy Sepulcher. With special crossbar hanging censers

Ensuite la flamme est transmise aux fidèles, de bougies à bougies, dans toute l’église. Les témoins rapportent que « le feu se transmet à très grande vitesse » certains affirmant que parfois « les cierges s’allument spontanément» !

Certains ont parfois capté sur pellicule une boule de feu qui se promène parmi les gens, sans que personne ne la voie à l’œil nu.

Un archevêque orthodoxe raconte

L’archevêque Missaïl, qui a assisté à l’événement et « récolté le feu sur la pierre » décrit ainsi son expérience : « Étant entré à l’intérieur du saint tombeau, nous voyons sur tout le couvercle de la tombe une lumière scintillante, comme si y étaient répandues de minuscules perles de verre d’apparence blanche, bleue, écarlate, et d’autres couleurs, qui ensuite, se fondant les unes avec les autres, rougeoyaient et se transformaient en feu ; mais ce feu ne produit pas de brûlure et ne se consume pas, et les candélabres et bougies préparés s’y allument. Mais par ailleurs, comment et d’où cela provient, je ne saurais le dire ».

Innombrables sont ceux qui, jusqu’à nos jours, affirment avoir été témoins de l’incandescence bleue ou de sortes d’éclairs qui descendent sur le Tombeau du Christ, où le Patriarche grec-orthodoxe attend seul le Feu Sacré.

Les pèlerins et le clergé prétendent que le « Feu saint » ne les brûle pas, ni les cheveux ni les visages.

Ce phénomène est considéré comme le plus ancien miracle annuel documenté dans la chrétienté

TRANSMISSION aux pays orthodoxes

Le « feu sacré » ou « feu nouveau » devait ensuite être porté en procession à Bethléem (Cisjordanie), lieu de naissance de Jésus d’après la tradition chrétienne, tandis qu’une autre flamme devait être embarquée à bord d’un avion pour la Grèce et les pays orthodoxes. comme l’Arménie, la Géorgie, la Grèce, la Russie, Chypre, la Serbie, le Monténégro, la Bulgarie, la Roumanie, l’Ukraine, la Syrie, le Liban, la Jordanie et la Macédoine), par des vols spéciaux.  Il est alors reçu « officiellement » par l’Église et des dirigeants de l’État. Des processions aux flambeaux sont également organisées (dans les rues) après avoir reçu le feu sacré.

Selon certaines traditions, la « non descente du feu sacré » (le samedi avant Pâques), serait un signe que la fin du monde est toute proche !

JERUSALEM – The holy fire from the holy fire ceremony the Church of the Holy Sepulcher shared between pilgrims along the Via Dolorosa Street, on Holy Saturday, in Jerusalem, Israel- deposit photo

OBJECTIONS :

Bien sûr, les accusations de fraudes furent nombreuses, et remontent à plusieurs siècles (malgré les fouilles et contrôles effectués par les autorités politiques depuis des siècles !) Les auteurs ne s’accordent cependant pas sur les moyens de la fraude…

ANALYSES SCIENTIFIQUES : 

Dans les années 2000, la Commission de description des événements miraculeux de l’Église orthodoxe russe, met au point un programme d’étude des « événements qui accompagnent la descente du feu ». L’un des points concernait des radio-mesures à proximité de l’édicule. En 2008, Andrei Alexandrovich Volkov, chef du laboratoire de systèmes d’ions de l’Institut Kourtchatov réalise des mesures à l’aide d’une instrumentation complexe comprenant une antenne[N 18], un convertisseur numérique, un oscilloscope et un ordinateur portable (pour enregistrer le spectre des mesures électromagnétiques ). La campagne de mesure a duré plus de six heures, avec une mesure toutes les minutes, du spectre électromagnétique (dans la gamme de fréquences 0-360 kHz). L’analyse du rayonnement au moment de la descente du saint feu a donné une puissance (de rayonnement) comparable à la puissance du rayonnement électromagnétique à l’intérieur d’une machine de soudure à l’arc. Après des mois d’analyse des mesures, Andrei Alexandrovich Volkov conclut qu’il s’agit d’un « véritable miracle » qui ne peut se « produire qu’à la suite d’une décharge électrique »

Le chef de l’association des scientifiques orthodoxes, l’archiprêtre Gennady Zaridzen a utilisé un pyromètre pour déterminer la température du feu sacré. Il indique que dans les premières minutes de l’arrivée du feu, il a mesuré une température d’environ 40 °C. Des mesures répétées ont indiqué qu’au bout de 15 minutes la température serait montée à 320 °C

QUELQUES TEMOIGNAGES au fil des siècles…

Les plus anciennes informations sur le feu sacré proviennent de l’Antiquité 

Eusèbe de Césarée

raconte un événement survenu à Jérusalem lors de la Pâques en l’an 162, sous Narcisse de Jérusalem, où les lampes à huile remplies d’eau ont brulé malgré tout

Grégoire de Nysse (331-394)

indique qu’il vit le Feu sacré la nuit « par les sens et spirituellement ».

en 385, Égérie, une noble femme d’Espagne,

se rend en Palestine. Dans le récit de son voyage, elle parle d’une cérémonie au Saint Sépulcre du Christ, où une lumière sort de la petite chapelle entourant le tombeau, par laquelle toute l’église est remplie d’une lumière infinie

Jean Damascène (676-749)

dans ses chants liturgiques, fait souvent mémoire de la lumière brillant miraculeusement sur le Saint Tombeau

Un pèlerin franc, Bernard le Sage en 876. 

dans son récit de voyage : « Le samedi saint, la veille de Pâques, au service du matin dans l’église du Saint-Sépulcre, l’assemblée chante Kyrie Eleyson . Un ange descend et allume les lampes suspendues sur le Saint-Sépulcre. Le Patriarche transmet le feu à l’évêque, et enfin à toutes les personnes, de sorte que tout le monde peut allumer le feu dans sa maison. Le nom actuel du patriarche est Théodose (863-879)

Début Xe siècle, Aref, métropolite de Césarée de Cappadoce,

dans une lettre à l’émir de Damas écrit : « A Jérusalem se trouve le Saint-Sépulcre, alors que son entrée est scellée, et que les chrétiens situés à l’extérieur de l’église de la Sainte Résurrection pleurent et prient, « Seigneur, prend pitié », soudain, il y a un éclair et les lampes s’allument; de ces flammes tous les habitants de Jérusalem allument leur lampe »

En 957, l’historien arabe Masudi

raconte dans son récit de voyage en Palestine « la célébration dans l’église de la Résurrection à Jérusalem rassemble des chrétiens de toute la terre, le feu descend du ciel et les bougies sont éclairées par lui. Les musulmans sont nombreux à venir regarder cette fête. (…) l’arrivée du feu est un grand mystère. Le feu descend le samedi matin avant le jour de Pâques »24

Le Pape Urbain II (1042-1099),

lors du concile des Croisés à Clermont, dans son discours à la foule immense rassemblée devant lui, proclama, entre autres, ceci : « En vérité, dans ce Temple (le Tombeau du Seigneur), Dieu repose; jusqu’à présent, Il ne cesse d’y manifester des miracles car, aux jours de Sa Passion, alors que toutes les lumières sont éteintes au-dessus de Sa tombe et dans l’église, soudain, les lampadas éteintes se rallument. Quel cœur, si endurci soit-il, ne s’attendrirait pas devant une telle manifestation! »

L’Higoumène Russe Daniel, présent à la cérémonie en 1106

mentionne une incandescence bleue qui descend de la coupole de la édicula où le patriarche attend le Feu Sacré. Une description détaillée du miracle est contenue dans son carnet de route

Le chroniqueur de l’Église romaine Baronius

témoigne: « Les chrétiens occidentaux, ayant repris Jérusalem aux Sarrasins, virent un miracle lorsque, le Samedi saint, les bougies s’allumèrent d’elles-mêmes auprès du tombeau du Seigneur. Ce miracle se produit là-bas habituellement…

XVIIe ; En 1648,

le Livre de la Foi imprimé à Moscou évoque le feu sacré du samedi saint indiquant que « chaque année, le samedi saint, on peut voir sur le tombeau du Seigneur la lumière sainte », et il ajoute : « il y est démontré que cette Lumière apparaîtra sur le tombeau du Christ jusqu’à la fin des temps »

A.S. Norov, écrivain russe, 1835  

qui devint ministre de la Culture, décrit ainsi cet événement auquel il a assisté en 1835: « J’ai vu comment le Métropolite, âgé, s’étant penché pour pénétrer par l’entrée basse, arrivé dans la grotte, se jeta à genoux devant le Saint Tombeau, sur lequel rien n’était déposé, qui était complètement nu. Une minute ne s’était pas écoulée, que l’obscurité s’inonda de lumière, et le Métropolite sortit vers nous avec un bouquet de bougies flamboyantes.

Florence Humbert 

(Article rédigé d’après les textes trouvés sur les sites référencés ci-après: https://www.wikiwand.com/fr/Feu_sacr%C3%A9_(Saint-S%C3%A9pulcre) http://www.holyfire.org/       et  aussi :  https://pravoslavie.ru/30198.html (en anglais)

Liens :

video en live du 23 avril 22, moment du feu sacré, voir à 2h13mn : https://youtu.be/4HwolTtTg0I 

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