un temps et du temps pour le Carême

Carême 2017

 

            Quand un vin a terminé sa fermentation, quand le jus du raisin s’est transcendé en vin, il est encore bourru, trouble, avec des arômes primaires et peu élégants. Les vignerons disent alors qu’il doit se dépouiller. C’est la première phase de l’élevage du vin, aussi importante que la vinification. Cette expression illustre tout à fait la démarche que l’Eglise nous propose pendant le carême : prendre le temps de se dépouiller.

            D’abord, « prendre le temps ». nous avons tendance à nous approprier le temps, le gaspiller ou l’économiser, le mesurer et le vendre, le perdre ou le gagner, passer son temps à lui courir derrière…Mais il ne nous appartient pas ! Le temps est là pour jalonner notre route, pour nous repérer dans notre histoire, notre culture. Et dans cette frénésie galopante, nous avons inventé le concept du « temps libre ». Mais quelle liberté, sinon celle de lui consacrer notre plaisir, nos bons moments au service de nos fantasmes, de nos aveuglements, de nos chaînes… Serait-il fou de rendre, au moins en partie, ce temps à Dieu, c’est à dire à nous qui sommes fils de Dieu, pour en faire une démarche de conversion ?

            Mais le temps n’est pas qu’une durée, c’est aussi un rythme. Chaque année revient le temps du carême, ce chemin de rencontre avec le Seigneur mort et ressuscité. Et chaque carême nous demande de nous retrouver nous-même, de nous dépouiller de nos lies, de nos miasmes. L’Eglise, en mère attentionnée et pédagogue, nous propose de rythmer cette marche en cinq étapes, cinq semaines qui nous rapprocheront du clair matin de Pâques, qui nous prépareront à cette Joie qu’a vécue Marie dans sa plénitude.

            Dans cette démarche vers notre terre promise, vers notre pâque, rappelons-nous qu’à aucun moment, nous ne seront seuls, ni dans la pierraille du désert, ni dans nos hésitations. Le Seigneur, notre guide et notre force, nous accompagne dans nos frères qui cheminent avec nous, et surtout dans les plus pauvres, les plus petits d’entre eux.                                    

Olivier de Boisgelin

 

 

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