Quelle attitude adopter face à une personne confrontée à la perte d’un proche ?

Chaque chrétien, par l’Esprit saint qu’il reçoit le jour de son baptême, est appelé à consoler son prochain. Mais en pratique, ce n’est pas toujours chose aisée. Quels mots choisir ? Quels gestes adopter ? Et si, affectés de manière plus éloignée, nous n’éprouvons pas le même désespoir que la personne concernée, comment, malgré tout, partager sa peine ? Ancien aumônier d’hôpital psychiatrique, Monique Durand-Wood, dans son roman Consolation (Éditions du Cerf), qui est avant tout une quête spirituelle, donne des pistes pour mieux cerner ce qu’est la véritable consolation.

Adèle, visiteuse dans un service d’enfants malades, a assisté aux derniers instants de Mario, 8 ans, atteint d’un cancer. Elle est aussi la voisine de Felipa, la mère de Mario. Et elle craint une chose : croiser Felipa dans l’escalier. « Comment trouver les mots justes ? Elle était prise entre la crainte de laisser échapper une parole maladroite, qui rajouterait à la douleur, et celle de s’abandonner à une pesante compassion. De même pour les gestes, aucun ne lui semblait adéquat : ni serrer les mains de Felipa entre les siennes, ni le prendre dans ses bras, ni caresser sa joue, ni rien. Toute démonstration serait perçue comme trop intime, comme intrusive. »

Respecter le chagrin et partager la peine

Le besoin d’être consolé semble universel, et pourtant, il y a une mesure à prendre en compte : le besoin du chagrin, qui ne doit pas être nié, ni balayé d’un revers de manche. C’est cet immense chagrin que ressent Rachel à la perte de ses enfants, tués sur ordre du roi Hérode après l’annonce de la naissance de Jésus, et qui n’accepte pas, pour l’heure, de consolation : « Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus » (Mt 2, 18).

Consoler demande de partager la peine de l’autre. Mais comme le souligne Monique Durand-Wood, « partager, c’est beaucoup dire : rien d’égalitaire dans ce partage ». Effectivement, comment comparer la peine d’une mère endeuillée à celle d’une voisine de palier ? Cependant, l’auteur avance que même une présence silencieuse fait du bien, « ce silence qui est une paix de l’esprit, une absence d’attente, un essai de sourire intérieur ». Rien d’impossible à ce stade. La consolation est à la portée de tous.

Faire entrevoir la possibilité d’un « après la peine »

Consoler est plus puissant que réconforter. Alors que le réconfort se cantonne au moment présent, la consolation laisse entrevoir une lumière, la possibilité d’un après. Monique Durand-Wood la définit ainsi : « Consolation n’est pas réconfort, consolation n’est pas bien-être. C’est l’annonce anticipée d’un au-delà de la peine, d’une possibilité de fin de peine » qui serait joie. Consoler associe donc deux réalités qui semblent pourtant totalement paradoxales : la peine et la joie.

Bien que la consolation soit associée à l’affliction, elle apporte la joie. C’est le message que l’on retrouve dans les Béatitudes, chez Matthieu : « Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. » (Mt 5, 4), ou chez Luc : « Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. » (Lc 6, 21). Monique Durand-Wood fait remarquer que la traduction juive d’André Chouraqui se montre plus dynamique : « En marche, les endeuillés, ils obtiendront consolation ! » Notre devoir n’est-il pas alors d’aider les endeuillés à se mettre en marche, plutôt que de les laisser se replier sur eux-mêmes, dans l’immobilité et les obligations de l’existence quotidienne ? En marche, d’accord, mais pour aller où, pourrait-on se demander ?

Faire connaître Dieu consolateur et la Vierge Marie, mère de consolation

La source de toute consolation, pour un chrétien, demeure en Dieu, et en la Vierge Marie, désignée aussi sous le vocable de Mère de consolation ou Consolatrice des Affligés parce qu’elle-même, perdant son Fils unique sur la croix, a connu la peine, et demeure pleine de compréhension et de tendresse envers les affligés. Marie conduit ceux qui l’invoquent à goûter à la consolation qui vient du Père, dont le premier don consolateur fut son Fils Jésus Christ.(Aleteia.org)

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